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La dimension universelle du héros
Par Miguel Angel Febles Traduit par Alain de Cullant
Le metteur en scène Rigoberto López a qualifié le projet cinématographique El Mayor comme un film qui arrive à un moment transcendant pour Cuba.
Illustration par : Alfredo Sosabravo

Le notable metteur en scène Rigoberto López Pego a qualifié le projet cinématographique El Mayor, dont les premières séquences ont commencé à être tournées à Camagüey, comme un film qui arrive à un moment transcendant pour Cuba.

Le long-métrage, dédié au Major Général Ignacio Agramonte Loynaz, quand on commémore le 145e anniversaire de sa mort au combat, est basé sur des faits réels de la moitié du XIXe siècle et reprend des événements, des péripéties et des anecdotes de la vie intense du héros cubain, depuis son enfance jusqu’à sa mort.

Produit par l'Institut Cubain de l'Art et de l'Industrie Cinématographique (ICAIC), le film sera totalement tourné à Camagüey, à l’exception d’une séquence à La Havane, pour laquelle trois brigades de construction et de montage travaillent intensément dans les dizaines de lieus sélectionnés.

Le metteur en scène a commenté : « La proposition de réaliser un film sur Agramonte a été faite il y a quelques années et, maintenant, heureusement, il y a les conditions. Il arrive à un moment transcendant pour Cuba, quand il est très important de fortifier l'identité nationale et d'exalter les valeurs civiques et patriotiques profondément présentes dans l'orgueil des Cubains ».

Dans le Musée Quinta Simoni de Camagüey, l'un des lieus où a commencé le tournage, Rigoberto López a précisé qu'il s'agit d'une production de grande envergure, car elle implique la participation de centaines d'hommes, de chevaux et d’armes. « Nous sommes devant le défi d'obtenir un spectacle qui convainc visuellement avec les combats entre la célèbre cavalerie de Camagüey et les forces espagnoles, nous avons compté un assessorat historique et militaire et l'appui décisif des Forces Armées Révolutionnaires pour la planification et la conception ».

Écrit à quatre mains entre Rigoberto et le dramaturge Eugenio Hernández Espinosa, le scénario souligne trois facettes fondamentales de la vie d’El Mayor : son intense relation romantique avec Amalia Simoni, les conflits politiques au milieu de la guerre et son rôle à la tête des troupes de Camagüey. « L'important du film est de sauver la dimension universelle du héros, d'un homme exceptionnel, mais nous le traitons comme un homme de chair et d’os, on le voit dans ses conflits personnels et ses contradictions, toujours en communion étroite avec Amalia, une autre figure extraordinaire, afin qu’il soit proche du public ».

Immergé dans cet engagement pour refléter ce « mélange émouvant de tendresse et d'énergie », le directeur a conformé une équipe avec le maître des scénaristes Eliseo Altunaga comme consultant, Ángel Alderete pour la direction de photographie et José Marie Vitier pour la musique.

Pour les rôles principaux, ils ont sélectionné les jeunes Daniel Romero Pildaín, de la compagnie Argos Teatro, qui interprète Ignacio Agramonte, et Claudia Tomás Fuentes, du théâtre El Público, pour le rôle d'Amalia Simoni, accompagnés par une distribution dépassant 50 acteurs.

Connu pour sa participation dans le film José Martí: el ojo del canario, de Fernando Pérez, et dans la série télévisée Zoológico, Daniel Romero a reconnu qu’il a du beaucoup étudier, faire des recherches et s’entraîner à l’équitation et à l’escrime jusqu'à se sentir amoureux d'un personnage qu'il considère comme le héros romantique de Cuba. Il a précisé : « Mon but est d'essayer de refléter l'homme impressionnant qu’il a été, qui a tout sacrifié pour la Patrie, véhément, rêveur et guerrier, vénéré par les générations entières, sachant qu’il est impossible de montrer une si grande personnalité dans un film. Je dis toujours que José Martí m'a fait artiste (j’étudiais en première année d’interprétation dans l'École Nationale d'Art) mais avec Agramonte je deviens un homme tous les jours, car en lui sont présents le sens de la discipline et du devoir, de choses qui sont considérées parfois banales par certains ».

Les acteurs et le metteur en scène ont coïncidé qu'il n'y a pas un autre homme comme d'Ignacio Agramonte pour doter à la jeunesse d'un paradigme, « un homme qui, à 27 ans, a tout laissé, jusqu'au grand amour de sa vie, il est parti au maquis et s'est engagé dans une vie intense qui a duré à peine cinq ans jusqu’à sa mort durant le combat de Jimaguayú ».