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La collection d’Art Universel du Musée National des Beaux-arts
Par Moraima Clavijo Colom Traduit par Alain de Cullant
La peinture européenne est la plus importante dans cet édifice du musée et elle est représentative quant à son ordre chronologique, stylistique et par écoles.
Illustration par : Tomás Sánchez

La récupération du majestueux édifice qui accueillait avant les Sociétés Asturiennes de Cuba est déjà une grande contribution à notre culture. Si au noble effort de récupérer cet édifice nous ajoutons le but louable de le convertir en siège définitif des Collections d’Art Universel du Musée National des Beaux-arts, nous sommes devant une œuvre qui non seulement transcendera son époque, mais qui sera toujours rappeler aux générations futures, à ceux qui ont eu la grande sensibilité de léguer ce trésor, rendant possible sa restauration totale.

 

Les traditionnellement appelés beaux-arts, arts décoratifs et les métiers les plus délicates sont présents dans cet exemple luxueux et éloquent de notre architecture éclectique d’inspiration espagnole : la vitrerie, la menuiserie et l’ébénisterie, ainsi que les sculptures, les hauts-reliefs et d’autres éléments décoratifs sont unis dans un espace relativement chargé, mais d’excellent facture et véritable témoin d’une époque. L’énorme richesse des collections que possède l’institution est peu connue dans le monde, suite à la fermeture prolongée de ses salles, et parce que celles-ci ne pouvaient montrer qu’une petite partie de ses fonds.

 

La possibilité de compter un espace permettant déployer les collections était nécessaire dans le contexte favorable du mouvement culturel cubain de ce début du siècle, où les bases ont été créées pour que la première décennie du millénaire soit dédiée à élever le niveau culturel de notre peuple, qui sera alors plus libre, comme disait notre José Martí.

 

L’art, comme un témoignage de l’histoire des civilisations qui nous ont précédées dans le monde occidental et sous d’autres latitudes, peut être étudié dans ces magnifiques salles.

 

La fabuleuse Collection d’Art de l’Antiquité, composée de plus de 650 pièces, est un espace idéal pour sa présentation, où les noyaux essentiels de l’Egypte, de la Grèce et de Rome sont mis en évidence, complétés par des exemples d’autres cultures également présentes dans l’échantillon.

 

La peinture européenne est la plus importante dans cet édifice du musée et elle est représentative quant à son ordre chronologique, stylistique et par écoles. Du XIIIe au XXe siècle, avec des hauts et des bas inévitables dans la représentativité des exposants, nous avons une sélection exceptionnelle comptant la renaissance italienne et flamande, le baroque espagnol, le vaste échantillon de peinture française et britannique du XVIIIe siècle, ainsi que la peinture du XIXe.

 

Le portrait, le paysage, la nature morte, les scènes religieuses, historiques et tous les principaux thèmes de la peinture sont présents. Cette collection, remontant aux débuts de l’institution lors de l’inauguration du Palais des Beaux-arts en 1955, a été renforcée dans les nouvelles installations et elle s’est considérablement développée entre 1959 et 1970, augmentant discrètement ensuite. Il y a eu également plusieurs planifications ayant répondues à différents critères, organisations spatiales et installations successives.

 

Les limitations d’espace et les conditions inadéquates du siège antérieur pour montrer les nombreuses œuvres que le musée possède, ont réduit l’exposition et ont empêché l’inclusion d’autres collections importantes, incorporées maintenant dans la nouvelle installation.

 

Cet édifice compte l’intéressante peinture coloniale latino-américaine, avec une ample représentation du thème religieux vue par les maîtres de notre continent. Une collection de la plastique nord-américaine des XVIIIe et XIXe siècles, jamais vue par le public, sont également un apport à ce montage. Les deux présentes dans un espace privilégié.

 

L’art international de la fin du XXe siècle, lors de certains de ses moments les plus représentatifs, et un exemple intéressant de l’art asiatique, sont également appréciés pour la première fois. Ce dernier envisage une partie de la collection des admirables estampes japonaises connues comme Ukiyo-e.

 

D’autres écoles européennes n’ayant pas été exposées auparavant, comme celles de la Russie, de la Norvège et de l’Autriche trouvent aussi une place, et des collections comme les icônes, l’art chinois et grande partie des fonds du Cabinet des Estampes espèrent leur tour pour des expositions temporaires, qui sont prévues dans deux endroits.

 

Ce siège définitif pour les Collections d’Art Universel, la curation minutieuse de chaque collection et l’excellent projet du prestigieux architecte et muséographe José Linares, permettent au public de profiter de ce patrimoine exceptionnel thésaurisé par Cuba, montré sous d’optimales conditions environnementales et de présentations.

 

Pour un petit pays, ayant de grandes difficultés économiques aggravées par l’hostilité de ceux qui s’opposent précisément au fait que nous affirmons notre identité, cet effort colossal pour réaliser ces œuvres extraordinaires dirigées à conserver et exposer cet acquis, démontre l’importance pour Cuba de protéger et de mettre en valeur son patrimoine.

 

Nous entrons dans le XXIe siècle avec ce magnifique musée et dans le futur on parlera de ce moment qui constitue une étape importante dans la sauvegarde du patrimoine culturel de la nation cubaine.

 

D’autres générations auront la responsabilité qu’il transcende dans le temps et que les Cubains qui nous succèdent en profitent, car nous savons que ce sera possible grâce à l’œuvre de la Révolution. Nous avons le privilège de commencer cette nouvelle étape en ouvrant les portes de l’édifice qui abrite les Collections d’Art Universel, dans le formidable ensemble du Musée National des Beaux-arts.