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L’amour de Martí et Zayas-Bazán a été consacré à Manzanillo, Acapulco
Par Benito Joaquin Milanés Traduit par Alain de Cullant
Après un voyage de noce peu idyllique commencé à Mexico le 26 décembre 1877, la Playa Manzanillo – à Acapulco – a vu la consécration de l’amour de José Martí et de son épouse, Carmen Zayas-Bazán.
Illustration par : Carlos Enríquez

Après un voyage de noce peu idyllique commencé à Mexico le 26 décembre 1877, la Playa Manzanillo – à Acapulco – a vu la consécration de l’amour de José Martí et de son épouse, Carmen Zayas-Bazán.

 

Le couple a séjourné dans la station balnéaire des sables dorés du 5 au 9 janvier 1878. Les presque 100 heures ont servi à recomposer le voyage dangereux et vaincre les débits des jeunes mariés. Elles ont aussi permis à Martí de finir d’écrire les dernières notes de son livre sur le Guatemala et de remette les 77 dernières pages de ce texte, pour sa correction et sa publication, à son ami de l’âme et confident Manuel Mercado.

 

Avant d’arriver au port, les jeunes mariés ont traversé plus de 60 localités des états mexicains de Morelos et Guerrero, un voyage de neuf jours et demi pour atteindre la « route de l’Asie », a rappelé le professeur, architecte et historien d’Acapulco Manuel Ruz. Cette route, également connue sous le nom de Chemin Royal, était étroite et dangereuse, seulement marquée par les sabots des chevaux et des mules depuis l’année 1595, a aussi ajouté Ruz.

 

Le Mexicain Alfonso Herrera Franyutti, Prix UNESCO José Martí, rappelle dans un de ses livres concernant le séjour du Héros National de Cuba au Mexique, que Martí, peu de temps avant d’arriver dans la baie paradisiaque baignée par les eaux de l’Océan Pacifique, à écrit sur Carmen à Mercado :

 

« Carmen (...) dort entre les sauvages et sous le ciel, fouettée par les vents, éclairée par les torches funéraires d’ocote : et elle me sourit ! Je ne parlerai pas de la valeur romaine. Je dirai : la valeur de Carmen ! ».

 

Cette région du Mexique a été témoin de la force et de la consécration de l’amour de José et Carmen, selon une étude réalisée par le Centre de Recherche et d’Information Historique d’Acapulco (CIIHA), qui a déclaré : « (...) Leurs chevaux assortis, Carmen, sur le flanc de la colline ; Martí le long du canyon, prendre soin d’elle, tenant son cheval pour franchir les gués des rivières (...) ».

 

À mesure que le couple descendait vers le doux ressac de la mer sur le sable d’Acapulco, l’amour du patriote et intellectuel cubain et de la jeune guatémaltèque de quinze ans María García Granados (La Niña de Guatemala), commençait à décliner, une relation sentimentale née durant la période de fiançailles de Martí et Carmen.

 

Durant cette étape de la vie de Martí, on n’a jamais prouvé que la relation sentimentale de María avec l’époux de Carmen a été absolument platonique, a assuré le journaliste et philosophe, Jorge Mañach au milieu du siècle dernier.

 

Ce fait semble être vrai : lorsque Martí est arrivé sur sol guatémaltèque avec son épouse en 1878, provenant de Playa Manzanillo, Maria s’est plaint car lui (Marti), n’était pas allé lui rendre visite alors qu’elle n’avait aucune rancune pour son mariage.

 

Martí lui a dit avec sincérité et noblesse avant le mariage, a souligné Franyutti.

 

Acapulco a connu la force et la consécration de l’amour de Martí et Carmen, même si l’épouse avait supposé les infidélités de celui qui était son mari maintenant.

 

Ceci est prouvé car bien avant le mariage devant le curé intérimaire dans la chapelle du Sagrario de la Paroisse du Sagrario Metropolitano, de Mexico, la mariée a écrit à son fiancé :

 

« () Il est très vrai que je t’ai aimé dès que je t’ai vu, dès le premier instant j’ai senti naître dans mon cœur la flamme inextinguible du premier amour, mais il est également vrai que dès que je t’ai connu je n’ai pas eu une journée de calme, car la jalousie me tuait () ».

 

Sur l’aujourd'hui médiatique plage des sables se consommait également la stratégie de l’adepte Manuel Mercado, qui a mis Carmen sous le fin sens de l’odorat, le regard éloquent et l’énorme verbe de Martí.

 

L’idée de la bonne foi de l’ami était censée éloigner Martí de deux romances sans futur.

 

L’un d’eux était le « venteux amour, sans littérature ni tristesse » avec la célèbre actrice mexicaine Concha Padilla, la muse inspiratrice du drame théâtral Amor con amor se paga, écrit par José Martí, a précisé Franyutti.

 

L’autre romance à « éliminer » dans la tactique présumée de Mercado a été celle soutenue secrètement par Martí avec l’actrice cubaine Eloisa Osorio Aguero, de Camagüey, qui a écrit crûment à Martí en 1877, avant les fiançailles de Zayas-Bazan :

 

« Pepe je ne t’oublie pas, mais je n’irai jamais où tu es, car je ne veux pas augmenter ma disgrâce. Le secret meurt en toi. Ne m’oublie pas. Toi et entre nous, Eloísa ».

 

À Acapulco, Martí et Carmen ont visité la forteresse maritime la plus importante le long de l’Océan Pacifique de cette époque, le Fort San Diego, conquis en 1813 par le patriote et prêtre mexicain José María Morelos, qui a prononcé là devant les Espagnols déroutés la phrase : « Vive l’Espagne, sœur, mais pas dominatrice de l’Amérique ! ».

 

Le couple a également eu le temps de se promener à l’ombre des bouleaux de la Plaza de Armas, dans le quartier de La Candelaria ou celui El Rincón, et de marcher dans la zone où se trouve aujourd'hui Playa Tlacpnocha.

 

Sur la nature de cet amour consacré à Acapulco, Martí a écrit à son meilleur ami mexicain : « Ce n’est pas une passion frénétique, à moins que dans le calme il y ait de la frénésie ; mais c’est comme une fixation et une diffusion de tout son esprit dans mon esprit () ».

 

Depuis Playa Manzanillo, sur le point d’embarquer sur un vapeur de la Ligne du Pacifique dont la destination finale était Panama après une escale dans le port guatémaltèque de San Jose, Martí a écrit à Mercado : « Une seule parole – triste – Adieu () Nous reviendrons, car nous avons laissé ici une grande partie du cœur (...) Adieu, à Vous et au Mexique ! () ».

 

La baie aux douces vagues qui jouent avec le sable de cette plage a été le témoin de la pleine consécration de cet amour, ainsi que les murs des humbles maisons de ce quartier d’Acapulco.

 

Aujourd'hui des pêcheurs résident à Playa Manzanillo, jonglant pour reconstruire leurs bateaux endommagés pour prendre cette mer imprévisible - la même qu’ont connu Martí et Carmen – afin de subvenir à leurs familles.