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José Martí dans la famille García Caturla
Par Ana María Reyes Traduit par Alain de Cullant
Détails sur la façon dont la famille du juge et musicien universel Alejandro Garcia Caturla a respecté et contribué à préserver le legs de l'Apôtre José Martí.
Illustration par : artistes cubains

Détails sur la façon dont la famille du juge et musicien universel Alejandro Garcia Caturla a respecté et contribué à préserver le legs de l'Apôtre José Martí.

En 1920, la maison coloniale située dans le pâté de maisons limité par les rues General Carrillo, Alejandro del Rio y Santiago, au milieu de la Plaza Isabel II, reçoit le couple formé par Silvino Garcia Balmaseda et Diana de Caturla y Garcia et leurs enfants Alejandro, Laudelina, Berta et Othón. À partir du 31 mai 1975, cet édifice est devenu le Museo Casa Alejandro García Caturla pour rendre hommage au plus universel des remedianos (habitants de Remedios).

Dans le musée de Caturla, dans la première salle à droite, se trouve le bureau occupé par Silvino Garcia quand, à partir de 1911, il est devenu procureur. Dans cet espace, on peut voir des photos, des meubles, des livres et d'autres objets, comme ils l'étaient quand ils ont été utilisés par son propriétaire. Dans cet environnement, il y a une forte présence de Martí : la copie imprimée de La luminosa frente, de Conrado Massaguer, encadrée et accrochée au mur, un buste aux proportions moyennes sur une bibliothèque tournante et diverses publications liées au travail du Maître qui composent une partie de la bibliothèque volumineuse. Parmi ces livres, appartenant à la Section des Publications et dûment protégés par le système de documentation des musés, on trouve : José Martí. Ideario de Isidro Méndez, Epistolario de José Martí, de Félix Lizaso, Martí periodista, de Gonzalo de Quesada y Miranda, Martí en España, d’Emilio Roig, Código Martiano, de Carlos Alberto Martínez Fortún, et d'autres jusqu'à arriver au nombre de 35, démontrant l'admiration que ce patriote a ressenti pour l'apôtre de l'indépendance de Cuba. La famille García Caturla est insérée dans la mémoire historique de San Juan de los Remedios. Le commandant Garcia Balmaseda descendait de ces patriotes par la lignée paternelle, les García-Conde y Carrillo, et par la maternelle, d'une ancienne lignée de Remedios, les Balmaseda. Procureur de profession, il se consacre également à l'administration des biens. Le 24 mars 1905, il épousa sa cousine Diana Victoria de Caturla y García-Conde, avec des parents liés aux hautes sphères politiques et financières du pays et ayant une situation économique aisée.

Silvino Garcia Balmaseda (10 février 1879 - 2 septembre 1959), fils d'Alejandro García-Conde y Carrillo, avec ses frères Juan, Joaquín et Francisco, a formé le groupe patriotique que l'histoire locale a défini, pour sa participation exceptionnelle à la Guerre de Dix ans, comme les Frères García. À peine adolescent, il rejoint les forces de l'indépendance en 1895 et devient l'un des plus proches collaborateurs du brigadier José González Planas. A l'époque républicaine, comme tant d'autres officiers de l'Armée de Libération, il s’est dédié à la réalisation d’œuvres ayant des fins sociales tels que : le don de territoires de sa propriété à Punta Brava pour la construction de l'hôpital de Caibarién, l'intégration du Conseil d'Administration fondateur du Musée José Maria Espinosa (aujourd'hui Musée Francisco Javier Balmaseda) et du Comité de Gestion pour la fondation de la Bibliothèque Publique José Martí de Remedios.

Le musicien et avocat Alejandro Garcia Caturla a eu une courte vie (7 mars 1906 - 12 novembre 1940) pléthorique d’activités culturelles et de jurisprudence. Le 15 juillet 1933, Alejandro et Othón García Caturla, avec la collaboration de Nicolas Guillén, de José Antonio Portuondo, de Juan Marinello, de Manuel Navarro Luna, de José Ardévol et d’Eugenio Florit, parmi d’autres intellectuels cubains, ont édité le premier numéro de la revue Atalaya, une publication progressive de l'influence martienne. « José Martí sera notre guide. Qui mieux que lui, le Maître par excellence, peut nous fixer les chemins à suivre, lui qui a regardé tous les horizons et, dans chacun, a laissé un exemple de son grand génie. Atalaya sera un porte-parole d’une actualité infiniment protéiforme, des manifestations artistiques et littéraires [...] Atalaya : une section épurée de la production intellectuelle à utiliser, en faveur de la libération et du progrès de l'esprit collectif (…) ».

Le premier numéro fait une évaluation du livre Martí, de Jorge Mañach, qui met en évidence l'humanisation faite par l'auteur d'une figure qui était devenue « le dieu tropical du verbe chaud et fleuri », et dans la section « Divulgación martiana », est reproduit un extrait du discours prononcé par l'Apôtre le 26 novembre 1891 lors de la soirée offerte par le Club Ignacio Agramonte, de Tampa.

Othón García Caturla (6 février 1906 – Puerto Rico, 6 aout 1981) a été avocat, écrivain, musicien et fondateur, à la tête d’un Comité de Gestion, le 28 janvier 1936, de la Bibliothèque Publique José Martí de Remedios. Lors de l'inauguration de cette institution, à laquelle a assisté Dulce María Borrero, directrice de la culture du Ministère de l'Éducation, Othón Garcia prononce un discours dans lequel il souligne : « Le Comité de Gestion de la Bibliothèque, qui a travaillé pendant cinq ans, voit aujourd'hui son effort couronné par le triomphe. L'homme éclairé du nom de José Julián Martí y Pérez a déclaré à une occasion mémorable que « faire est la meilleure façon de dire ». Aucun meilleur hommage à sa mémoire ne pourrait lui être rendu aujourd'hui, en commémorant le jour de sa naissance, que l'ouverture de la Bibliothèque : ses paroles ont un épanouissement fidèle : sa pensée est interprétée et une réalité perpétuera son nom, la diffusion de sa vie, de sa personnalité et son œuvre perpétuera son esprit. Il a également dit que « savoir lire, c'est savoir marcher, savoir écrire, c'est savoir monter ». Et la Bibliothèque va devenir un endroit pour lire et pour écrire ! »

Parmi les legs revendiqués, les livres de droit, les romans, la poésie et d'innombrables partitions, on distingue l’éternelle figure du cubain infini, inspirant toute une famille. Silvino, Alejandro et Othón l'ont assumé comme un paradigme dans chacune de leurs œuvres différentes ; car, comme le souligne le précepte martien, « Celui qui ne sait pas honorer les grands n'est pas digne de descendre d'eux ».