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Introduction au roman Lucía Jerez (VIII)
Par Maria Poumier Traduit par
« Évidement, ce bref roman n’est qu’une esquisse, c’est en creux qu’il offre des pistes pour reconsidérer dans un sens plein d’optimisme la dynamique hispano-américaines »
Illustration par : artistes cubains

Lucia Jerez dans l’histoire littéraire (suite)

Évidement, ce bref roman n’est qu’une esquisse, c’est en creux qu’il offre des pistes pour reconsidérer dans un sens plein d’optimisme  la dynamique hispano-américaines. Mais on peut constater que cette exploration rapide du genre romanesque fut suffisante pour que Martí considérât qu’il avait rempli son rôle, qu’il avait apporté sa voix au concert de romanciers à la recherche  des secrets moteurs  de leur monde. Une fois l’histoire de Lucia Jerez bouclée en une semaine, il sentit à même e transmettre à ses lecteurs le meilleur dans l’actualité romanesque, mais en abdiquant son rôle de créateur pour celui de traducteur. Et il leur proposa en exemple le roman Ramona, sur l’injustice dans les sociétés hispano-américaines ; il s’agit d’une riche fresque où le pathétique foisonne, car il y a des amours malheureuses entre jeunes gens séparés par les barrières de classe et de race mais soudés par des liens de famille qu’ils ignorent, fruit des péchés de chair de leurs parents, et cela fut écrit par une Nord-Américaine, appartenant à la lignée de Harriet Beecher Stowe, la créatrice martyre de La Case de l’oncle Tom, ainsi Martí fit lire, et présenta comme le roman qui déchiffrait l’Amérique latine, Ramona, de Helen Hunt Jackson, femme courageuse maltraitée par ses proches à cause de ses écrits, et malmenée ensuite par l’histoire littéraire des États-Unis. Estimant qu’elle avait écrit  ce que l’Amérique latine aurait dû produire, il s’effaça derrière elle.  Ce faisant, il déclarait que l’oppression des indigènes était la véritable déchirure qui empêchait ces sociétés de grandir, ce qui est dit, très vite, et avec toute l’acuité que requérait le sujet, dès les premières pages de Lucia Jerez : « Les Indiens, en vérité, pieds nus et crasseux, parmi tant de lumière et tant de propreté, semblent des blessures » dans la ville en fête. L’accent sur cette question, Martí n’avait pas besoin de le développer personnellement sur le monde romanesque : c’est ce qui donne leur souffle à ses grands essais enflammés Notre Amérique et Mère Amérique, textes postérieurs, mais où la puissance oratoire convainc et convient, bien plus que n’auraient pu le faire des dissertations ou des fables.

Titre original

Amistad funesta

Premiere éditon dans El Latino American, New York, 1885

Lucía Jerez

Édition critique de Mauricio Núñez Rodríguez

Centro de Estudios Martianos, La Habana, 2000

José Martí

Lucía Jerez

Roman traduit de l’espagnol (Cuba)

Par Maria Poumier

Édition Bilingue

Notes de Maria Poumier et Mauricio Núñez Rodríguez

Copyright 2003 By Éditons Patiño, Genève (Switzerland) pour l’introduction, la traduction française et les notes.