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Frei Betto, la parole et l’action
Par Onaisys Fonticoba Gener Traduit par Alain de Cullant
Théologien, écrivain, journaliste, militant… chacune de ces catégories pourrait être choisie, sans aucune crainte, pour caractériser le Brésilien Carlos Alberto Libânio Christo, ou Frei Betto.
Illustration par : Tomás Sánchez

Théologien, écrivain, journaliste, militantchacune de ces catégories pourrait être choisie, sans aucune crainte, pour caractériser le Brésilien Carlos Alberto Libânio Christo, ou Frei Betto (Belo Horizonte, 1944). Héritier d’une tradition littéraire - son père était journaliste et sa mère auteur de livres de cuisine régionale -, cet invité à la 26e édition de la Foire Internationale du Livre a publié près de 50 titres de genres divers et il a remporté 16 prix, dont le Jabuti littéraire, le plus important au Brésil, et le Prix International  José Martí, accordé par l’Unesco.

 

Emprisonné à plusieurs reprises pour son affrontement aux régimes dictatoriaux et également torturé, Frei Betto estime que les trois grands coups de sa vie ont été la mort du président chilien Salvador Allende ; l’assassinat de Maurice Bishop à Grenade, et la défaite de la révolution sandiniste.

 

Par contre, sur la prison, il a dit que ce fut une expérience de catacombe. « En prison on devient fou ou on doit changer beaucoup de choses dans la vie et, pour moi, la prison a été une grande retraite spirituelle, un moment d’approfondir ma vie de foi et mon expérience religieuse. En ce sens ce fut une école et je ne regrette pas d’avoir été en prison, malgré toutes les souffrances, c’est une chose qui est très intégré dans ma vie, ce n’a pas été un hiatus ».

 

Bautismo de sangre (1983), une des premières œuvres du frère dominicain apportée au grand écran en 2006, retrace précisément son expérience en prison et la résistance de certains secteurs de la société.

 

Ses apports dans le domaine de l’éducation ont été également révélateurs. Convaincu que le processus d’enseignement pour la solidarité se réalise aussi depuis la pédagogie, Frei Betto soutient qu’avoir négligé ce pas figure parmi les principales raisons de la crise des valeurs qu’affrontent de nombreux pays. « Sans les perspectives de sens altruiste et révolutionnaire les gens vont vers le consumérisme, vers la perspective capitaliste qui promeut l’inertie devant l’idée de changer le monde », a-t-il dit.

 

Comme altruiste et intellectuel lié à l’expérience cubaine, il a défendu des causes nationales telles que la libération des Cinq Héros et il a publié des livres comme Fidel y la religión. Pour sa position en défense de la justice, il a aussi été reconnu avec le Prix des Droits de l’Homme de la Fondation Bruno Kreisky (1987) ; le prix Paolo E. Borsellino (1998), pour son travail dans la même cause ; il a reçu les médailles Chico Mendes de la Résistance 1998) et celle de la Solidarité du Gouvernement cubain (2000) ; et le titre de Citoyen d’Honneur de Brasilia (2007).