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Eusebio vivait déjà dans l’éternité
Par Silvio Rodríguez Traduit par Alain de Cullant
Nous devrions penser au manque de gens comme Eusebio.
Illustration par : Eduardo Abela

Avec son départ, nous sommes plus orphelins de femmes et d’hommes patriotes et révolutionnaires qui ne se sentent pas ou n’agissent pas par des schémas préfabriqués, des hommes et des femmes de caractères différents, quoique d’humanités cohérentes, dans lesquels les idées ne sont pas des prétexte de pénitence (propre et autre) mais d’émancipation et de connaissance.

Malheureusement, il y en a de moins en moins. Ils forment un lignage dont toutes les orthodoxies se méfient. Ce sont des vies qui ne sont pas signées par le désir de suprématie, mais par l’œcuménisme et l’inclusion.

Haydee, Aida et Adita, Alfredo, Armando, Eusebio et de nombreux noms propres qui sur leurs fronts parfois ignorés ne voyaient pas le monde en noir et blanc, mais dans des tons capables de nourrir la palette infinie de la grande cause humaine.

Nous devrions penser au manque de gens comme Eusebio.

Nous devrions réfléchir si nous formons des femmes et des hommes donnant une continuité à son travail et au travail d’autres colosses qui nous ont quittés. Nous devrions nous demander si nous encourageons des esprits rebelles, de recherches, luttant pour leur droit de créer et de servir leur prochain, comme l’a fait Eusebio.

Penser à ce sujet et agir en conséquence est la seule façon de faire quelque chose réparable face à une perte si grande. Penser à ce sujet et agir en conséquence est la seule chose qui nous rend digne de le nommer.

(Pris du blog Segunda Cita)