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Ernesto Che Guevara : sa marche vers l’histoire américaine
Par Mireya Castañeda Traduit par
L'Atlas historique, biographique et militaire, un ouvrage écrit par Reinaldo Espinosa Goitizolo et Guillermo Grau Guardarrama, publié à La Havane par la maison d’éditions Pueblo y Edicacion en collaboration avec l'Institut cubain de géodésie et de cartographie, en 1990.
Illustration par : artistes cubains

La  figure d'Ernesto Che Guevara suscite de grandes passions, à tel point qu’elle est devenue un symbole de dimension universelle. L'un de ses portraits, dû au photographe Alberto Korda, est l'une des images les plus reproduites dans le monde.

Cette année, la date de sa mort, le 8 octobre 1967, 50 ans après son assassinat à La Higuera, en Bolivie, n’en est que plus poignante. La recherche d'informations, en dépit des dizaines de livres écrits, nous mène inéluctablement à l'Atlas historique, biographique et militaire, un ouvrage écrit par Reinaldo Espinosa Goitizolo et Guillermo Grau Guardarrama, publié à La Havane par la maison d’éditions Pueblo y Edicacion en collaboration avec l'Institut cubain de géodésie et de cartographie, en 1990.

Il s’agit d’une sorte d’encyclopédie historique, dont le premier tome contient une synthèse de sa vie et de son œuvre, depuis sa naissance en Argentine, le 14 juin 1928, jusqu’à 1956. Les auteurs ont reconstruit sa vie, sans nécessité d’accumuler les éloges, en retrouvant chaque épisode, chaque chemin parcouru.

Chronologie historique, avec une représentation géographique, comme tout atlas, l’ouvrage comprend des pages d'informations sur la symbologie conventionnelle utilisée, des échelles et des abréviations employées sur des cartes et des plans de villes.

Les auteurs prennent soin de présenter un bref aperçu du monde et en particulier de l'Argentine en cette année 1928 : les dirigeants, l'économie et la population, et des faits intéressants, comme certaines avancées de la révolution technique entre 1900-1928, par exemple un tracteur à chenilles, l'adrénaline, l'insuline, la pénicilline et les tanks de guerre, dans un paragraphe intitulé Environnement historique, des pages 13 à 19.

Le second chapitre Ernesto, les premières années, démarre en page 20 avec des cartes du long parcours de Guevara de la Serna (au moins 12 domiciles) l’acte de naissance d’Ernesto, l’aîné des enfants, des photos de famille et le plan de la ville de Rosario, où la maison natale est indiquée au N° 428 de la rue Entre Rios, ainsi que le lieu où se trouve l'hôpital central municipal où il naquit, le 14 juin 1928.

Les auteurs ont réalisé un travail minutieux, que les lecteurs apprécieront. Dans un encadré, ils ont même signalé la ville de San Isidro, où en 1930 le Che eut sa première crise d'asthme, une maladie dont il souffrira tout au long de sa vie. La raison pour laquelle sa famille entama un long périple à la recherche d'un climat favorable.

L'enfance, l'adolescence et la jeunesse à Rosario, Cordoba, Altagracia et Buenos Aires sont évoquées de la page 26 à la page 29.

Avant de suivre le jeune Ernesto, un chapitre concernant la Deuxième Guerre mondiale, les données de l'après-guerre jusqu'en 1956, en particulier son importance pour l'Amérique latine, avec des encadrés sur les conditions de santé, le niveau de scolarité par pays et l'entrée de capitaux étrangers.

En 1951, Ernesto Guevara entame son premier voyage à travers l'Argentine sur une motocyclette de marque Cucchiolo ; il visite son ami Alberto Granado à Cordoba et poursuit sa route vers le nord-ouest afin de connaître les provinces les plus pauvres et les plus arriérées, Santiago del Estero, Tucuman, Salta, Jujuy, Catamarca, la Rioja, et revenir par San Juan, Mendoza, San Luis et vers le sud jusqu’à Nahuel Huapi. Au total, 4 500 kilomètres.

Puis, ce fut le voyage avec Granado (pages 46-73) à travers le Chili, le Pérou (Cuzco, Macchu Pichu et Lima, avec un plan de la ville qui nous offre ce petit bijou : Ernesto se rendant à la Bibliothèque nationale pour voir l’exposition de peinture De Michel-Ange à Picasso), Bogota et Caracas.

Au Venezuela, il termine cette première partie du voyage en Amérique du Sud. Nous sommes le 26 juillet 1952. Ernesto revient par avion en passant par Miami via Buenos Aires où, un an plus tard, le 12 juin, il obtient son diplôme à la Faculté des sciences médicales. Le 7 juillet, il entreprend son deuxième voyage en Amérique, cette fois avec son ami d'enfance Carlos « Calica » Ferrer, afin d'aller à Caracas où l’attend Alberto Granado.

Titre de cette nouvelle étape (pages 74-89) : Ernesto à la rencontre du Che. Il retourne en Bolivie, au Pérou, en Équateur et arrive au Panama, puis au Costa Rica, où il rencontre pour la première fois les révolutionnaires cubains exilés après leur emprisonnement pour avoir attaqué la caserne Moncada, à Santiago de Cuba, le 26 juillet 1953, dont Calixto Garcia, et Antonio Nico Lopez, au Guatemala.

Après le coup d'État contre Jacobo Arbenz, il se rend au Mexique, où il arrive le 21 septembre 1954. À Mexico, les faits se précipitent. Il épouse la Péruvienne Hilda Gadea ; sa première fille, Hilda Beatriz naît et il fait la connaissance du leader révolutionnaire du Mouvement 26 Juillet, Fidel Castro, chez la Cubaine Maria Antonia Gonzalez, au 49 de la rue Emparan.

L’Atlas comprend les plans de la prison où furent incarcérés Che Guevara, Fidel et d'autres révolutionnaires cubains, les sites d’entraînement à la guerre de guérilla, puis la route suivie par le yacht Granma, depuis le port de Tuxpan jusqu’au débarquement des guérilleros à Cuba.

Pour conclure, les auteurs ajoutent le chapitre : Ernesto Che Guevara / aspects personnels, avec une synthèse iconographique (1930-1956); l'arbre généalogique de la famille Guevara-De la Serna jusqu'en 1956, ainsi que des notes détaillées et un index de noms historiques et géographiques, ainsi qu’un dossier photographique.

L'Atlas historique, biographique et militaire d’Ernesto Guevara comprend, – il ne pouvait en être autrement –, le poème Chant à Fidel, écrit par le Che en 1956, à leur départ pour Cuba, dont nous ne citerons que les premiers et derniers vers :

Allons,

ardent prophète de l’aurore,

par des sentiers profonds emmêlés,

libérer le caïman vert que tu aimes tant.

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Et si sur notre chemin s'interpose le fer,

nous demandons un suaire de larmes

cubaines

pour recouvrir les ossements guérilleros

emportés par le courant de l'Histoire américaine.

Rien de plus.