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Derrière l’écran, des vies dédiées au cinéma
Par Laura Mercedes Giráldez Traduit par Alain de Cullant
Senel Paz et Paco Prats, Prix National du Cinéma 2020.
Illustration par : Rafael Zarza et Kcho

« A l’école primaire, au lycée, dans l’école préparatoire, à la campagne, dans le village, à La Havane », Senel Paz a écrit des histoires,  donné vie à des personnages. « Je n’ai jamais eu d’autre plan, ou peut-être que je n’ai pas pu lui échapper », a-t-il dit un jour au journal Granma. Oui, de la littérature, un univers dans lequel il s’est développé en tant que scénariste et écrivain.

Dans sa carrière on compte d’innombrables nouvelles, romans, scénarios écrits pour des films et aussi pour des courts-métrages réalisés par sa compagne dans l’art et dans la vie, Rebeca Chávez.

Quand ce petit garçon, le premier à ramener un livre à la maison, a commencé à fabuler des mondes dans sa tête et les a transportés sur le papier, il n’a pas imaginé que des années plus tard, ce serait d’autres enfants, jeunes et adultes, qui lieraient ses textes. Il ne pouvait pas savoir quels metteurs en scène, dans le monde entier, adapteraient ses paroles à la radio, à la télévision, au théâtre et au septième art.

Senel Paz ne pensait pas, même dans le plus lointain de ses « calculs ou aspirations », qu’il serait reconnu avec le Prix National du Cinéma 2020, partagé avec Francisco (Paco) Prats, décédé en septembre dernier.

Paco a fait des Studios d’Animation de l’ICAIC (Institut Cubain de l’Art et de l’Industrie Cinématographique) sa maison. Là, il savait qu’il était né pour produire, selon ses propres mots. Cette profession « a fait de lui un artiste » et, avec son engagement et son talent, a permis aujourd’hui à son nom « d’apparaître associé sur près de 700 films », a-t-il fièrement commenté dans une interview.

Ce caricaturiste, illustrateur, scénariste et cinéaste excellait dans les films d’animation, faisant partie d’œuvres telles que Elpidio Valdés, Vampiros en La Habana et Más Vampiros en La Habana.

Paco Prats a étudié le dessin et la peinture à l’Académie San Alejandro, entrant à l’ICAIC en 1963 en tant que superviseur de la qualité dans le département des dessins animés. Plus tard, il a été directeur de cet espace et, jusqu’à sa mort, il était producteur. Il préférait l’ancienne façon de donner vie aux « dessins animés », avec les pinceaux et de l’encre sur les mains.

Lorsque le Prix a été décerné, Senel Paz a déclaré qu’il s’agissait d’un « cadeau supplémentaire d’être accompagner par Paco Prats, un homme apprécié et admiré dans l’ICAIC ».

Malheureusement, Paco n’a pas été en mesure de tenir le prix dans ses mains, il n’a pas entendu les applaudissements qui, samedi dernier, ont retenti dans la Maison du Festival du Nouveau Cinéma Latino-américain. Cependant, ce grand de l’animation, savait bien que son peuple se souviendra toujours de lui en rassemblant des Cubains de toutes les générations devant le petit écran et dans les cinémas.