IIIIIIIIIIIIIIII
Danser avec l’Orchestre Symphonique National et les Prix Nationaux de Musique
Par Félix Bolaños Traduit par Alain de Cullant
Avant le concert Vale 2 avec lequel l'OSN a célébré le 60e anniversaire du triomphe de la Révolution, les Prix Nationaux de Musique, correspondant à l'année 2018, ont été remis à Jesús Gómez Cairo et Marcos Antonio Urbay.
Illustration par : Sergio Marrero González

Qui a dit que l’on ne peut pas danser et profiter avec l'Orchestre Symphonique National (OSN) ? Lors d’un événement sans précédent des présentations du groupe symbolique de la musique symphonique cubaine, les nombreuses personnes présentes sur la Plaza San Francisco de Assisi, le samedi 29 décembre, ont dansé et chanté chacune des œuvres interprétées.

Le concert Vale 2, avec lequel l'OSN a célébré le 60e anniversaire du triomphe de la Révolution avec les habitants de la Vieille Havane, a été conçu à partir de compositions anthologiques des reconnus spécialistes de la musique populaire cubaine Juan Formell et Adalberto Álvarez ; parmi ces compositions se trouvaient Anda, ven y muévete, A Bayamo en coche, Para que tú lo bailes, La novia de un amigo, Felicítame, El baile del buey cansa’o, Sandunguera et El baile del toc atoca.

Cette incursion de l'OSN dans la musique populaire cubaine n'est pas fortuite, il s’agit de deux virtuoses comme Adalberto et Formell, des musiciens qui, bien que populaires par leur origine, filiation et sens, résument les valeurs esthétiques dans leurs œuvres, suggestives pour les transférer à une dimension symphonique. Les arrangements orchestraux, à la charge du maestro Joaquín Betancourt, conservent la richesse, la saveur et les sonorités rythmiques et harmoniques du son le plus authentiques.

Avant le spectacle de l'OSN, dans le même espace, les Prix Nationaux de Musique, correspondant à l'année 2018, ont été remis à Jesús Gómez Cairo et Marcos Antonio Urbay, qui a reçu le laurier très convoité des mains du ministre de la Culture, Alpidio Alonso et de la présidente de l'Institut Cubain de la Musique (ICM), Marta Bonet.

Il est intéressant de rappeler que le Prix National de Musique a été institué en 1997 par l’ICM, pour les créateurs et les interprètes, comme reconnaissance à une vie et une œuvre dédiée à cette manifestation de l'art à Cuba, et il est accordé aux musiciens cubains vivant et résidant dans le pays.

Jesús Gómez Cairo est un reconnu chercheur et penseur dans le domaine de la musique, avec plusieurs ouvrages publiés et d'autres textes présent dans diverses publications. Diplômé des spécialités de piano et professeur de matières théoriques de la musique de l'Ecole Nationale d'Art (ENA) et des études supérieures de l'Institut d'État du Théâtre, de la Musique et de la Cinématographie de Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg, Russie), il a été professeur à l'ENA et de l'Institut Supérieur d'Art (ISA), il a été directeur du Centre d'Information et de Documentation Musicale Odilio Urfé. Il a été président l'Institut Cubain de la Musique et, depuis 1997, il dirige le Musée National de la Musique. Il possède également la distinction Pour la Culture Nationale.

Pour sa part, le trompettiste Marcos Antonio Urbay Serafín est un pédagogue distingué et directeur de la Bande de Concert de Caibarién. En tant qu'instrumentiste, il a fait partie de l'orchestre du cabaret Tropicana et de l'Orchestre Philharmonique de La Havane. Il a été fondateur de l'ENA et de l'Orchestre Symphonique National, une institution dans laquelle il s’est maintenu durant 30 ans. Il possède les distinctions Pour la Culture Nationale et Raúl Gómez García, la médaille Alejo Carpentier, le Prix National de la Culture Communautaire et le Prix National de l'Éducation Artistique.

La remise du Prix National de Musique dans un espace public, à côté du concert Vale 2, offert par l'OSN, est un geste qui démontre la grandeur musicale de ce peuple, qui a contribué au monde une quantité significative de rythmes musicaux, comme le son, le danzón, le mambo, et le cha-cha-cha, pour ne mentionner que les plus connus. C'est finalement un hommage mérité à ce projet social qui a été et est la Révolution Cubaine, dont l’œuvre s'étend jusqu’à la conservation et à la protection du patrimoine sonore de la nation. Tout cela avec la création d'un groupe d'écoles d'art, d'où sortent chaque année des musiciens fabuleux comme ceux intégrant aujourd'hui l’OSN et aussi ceux qui exercent maintenant cette profession dans d'autres endroits du pays et de la planète.