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Baracoa, la terre des merveilles
Par Jorge Luis Merencio Cautín Traduit par Alain de Cullant
Nous devons admirer Baracoa non seulement pour les beautés de sa nature, mais aussi pour la préservation de ses valeurs patrimoniales, culturelles et pour son histoire.
Illustration par : Alberto Lezcay

Il est probable qu’aucun autre site cubain thésaurise autant de merveilles naturelles que Baracoa, province de Guantánamo, la terre qui a ébloui Christophe Colomb et qu’il a qualifie comme « … la plus belle chose du monde... ».

La flore de Baracoa, l'un des éléments qui a le plus touché le Grand Amiral génois, reste prodigieuse quant à la diversité et l'endémisme, à plus de 500 ans de cette affirmation. Le conifère, le palmier royal, les plus grandes plantations de cacao et de noix de coco dans le pays prédominent maintenant, ainsi que les plus importantes réserves cubaines de bois dur et précieux.  

Sa faune est aussi abondante et d'un endémisme élevé, elle est privilégiée par la présence de l’almiquí, un fossile vivant en critique danger d'extinction ; par des mollusques tels que le Polymita picta (qui par sa variété chromatique est considéré comme le plus beau coquillage de la Terre) et d'autres invertébrés comme les scorpions Centruroides anchorellus et Rhopalurus junceus, les deux d’importance de conservation et d'importance biomédicale.

Les perroquets, les perruches, les piverts, les grives, les lamantins, les amphibiens et les reptiles se distinguent également pour leur vaste biodiversité animale.

Pour sa flore et sa faune somptueuses, Nuestra Señora de la Asunción de Baracoa (comme l’a nommée le conquistador espagnol Diego Velázquez en fondant notre première ville, évêché et capitale de Cuba, le 15 août 1511) compte aussi d'autres charmes, dont des plages, des rivières cristallines, des baies, des grottes, des cascades, le somptueux canyon du Yumurí, le Paso de los Alemanes et les tibaracones ou deltas linéaires, et des accidents géographiques exclusifs de cette région de Cuba.

El Yunque

La plus grande hauteur prépondérance parmi les enchantements naturels est El Yunque de Baracoa, une montagne en forme de pyramide tronquée, décrite dans son journal de navigation par Christophe Colomb à son arrivée à Baracoa, le 27 novembre 1492, comme haute et carrée qui ressemblait à une île.

Depuis cette date si lointaine, cette colline est devenue une balise naturelle pour les marins qui naviguent sur la côte de Baracoa.

On assure que les bateaux qui traversent le vieux canal des Bahamas, quand ils voient l’attrayante colline, savent qu'ils sont en face de la plus vieille ville de Cuba.

Cette œuvre artistique de la nature est située à dix kilomètres de la Première Ville, et elle constitue la plus haute élévation de tout le massif montagneux de la région. Elle possède une hauteur allant de 400 à 575 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui permet de le repérer de n'importe quel point de la ville.

El Yunque (qui apparaît dans les armoiries de la ville de Baracoa), a servi de refuge aux indiens et aux cimarrones noirs, et, sur ses pentes, se trouvent les ruines de maisons de maître construites par les français qui sont arrivés à Cuba, provenant d'Haïti. 

Pour ses valeurs historiques et naturelles, il a été déclaré Monument National en décembre 1979, et proclamé comme tel le 2 avril 1980 par l'éminent géographe et spéléologue cubain Antonio Núñez Jiménez, lors d’une cérémonie tenue au sommet de cette montagne majestueuse. 

Symbole de la Première Ville de Cuba, cette réserve écologique est considérée comme l'accident géographique le plus photographié de la région. Il fait partie de la réserve de la biosphère Cuchillas del Toa, avec la catégorie d’Élément Naturel Exceptionnel, et du Parc National Alejandro de Humboldt, Patrimoine Mondial de l’Humanité.

La Croix de Colomb

Aux trésors précités de Baracoa, il y a aussi la Santa Cruz de la Parra ou Croix de Colomb, se trouvant dans l’Église Paroissiale de la ville, placée par l'amiral dans le port Baracoa, le premier de décembre de 1492, à peine quatre jours après son arrivée.

La Santa Cruz de la Parra est la seule conservée parmi les 29 plantées par le célèbre navigateur lors de ses quatre voyages en Amérique. On assure que le prêtre Fray Bartolomé de las Casas a réalisé des offices dans la ville au pied de cette croix. C'est pour cette raison qu’elle constitue un héritage de l'histoire de l'humanité.

Considérée comme la plus ancienne relique historique et religieuse de l’appelée rencontre de la culture européenne et native, la Croix de Colomb a été déclarée Monument National et Trésor de la Nation Cubaine, à l'occasion du 500e anniversaire de la ville de Baracoa. 

Le viaduc La Farola

Parmi les attractions naturelles, on devrait ajouter, d'une manière distinctive, une œuvre créée par l'homme : le viaduc La Farola. Cette route sinueuse et pittoresque, une promesse non réalisée par les gouvernements républicains et devenue une réalité grâce à la Révolution, a été construite en seulement 20 mois, entre avril 1964 et décembre 1965, dans ce qui constituait l'un des plus gigantesques exploits de travail réalisés dans le pays après le 1er janvier 1959.

Cette œuvre magnifique et admirée (l'une des sept merveilles du génie civil cubain) a fait sortir Baracoa de son incommunication terrestre et de son isolement séculaire avec le reste du pays. Sa valeur socioéconomique peut être synthétisée avec les données suivantes : environ 96% des personnes qui entrent ou quittent la Première Ville de Cuba et 80% des marchandises, transitent par cette importante voie, sur laquelle il est nécessaire de dire, en l'honneur de l'exactitude, qu'une grande partie de son extension correspond aujourd'hui à la commune de Imías qui, jusqu'à 1976, appartenait à la région de Baracoa.

D’autres attractions

Nous devons admirer Baracoa non seulement pour les beautés de sa nature, mais aussi pour la préservation de ses valeurs patrimoniales, culturelles et pour son histoire, des aspects qui la privilégient aussi comme un endroit attrayant pour les touristes nationaux et étrangers.

L'industrie des loisirs a été favorisée ces dernières années avec la construction de nouveaux hôtels, l'ouverture de sentiers et de services, ainsi que d'autres options qui ont contribué à la hausse soutenue des visiteurs, ayant aussi dans les maisons privées une autre voie importante d'hébergement. 

Les constructions anciennes telles que celles qui faisaient partie du système défensif de la ville, les tuiles de céramique rouge sur le toit des maisons se joignent aux rythmes natifs comme le Nengón et le Kiribá, et à une tradition culinaire dans laquelle on souligne des plats typiques comme le bacán, le cucurucho, le crabe et le tetí.

Baignée par l'océan Atlantique et plusieurs des rivières les plus importantes de Cuba, Baracoa a apporté les premiers indépendantistes et les premiers martyrs à la nation cubaine, provenant de la rébellion indigène contre les conquistadors espagnols, dirigé par les caciques Hatuey et Guamá.   

Des expéditions célèbres ont débarquées dans cette région pour rejoindre la Guerre Nécessaire, comme celle venant sur la goélette Honor avec les Majors Généraux Antonio et José Maceo, au côté de Flor Crombet, sur la plage Duaba, le 1er avril 1895 ; et, un an plus tard, dans la baie de Maraví, celle dirigée par le Major Général Calixto Garcia.

Les montagnes de Baracoa ont également constitué un rempart du IIe Front Frank País, dirigé par le commandant Raúl Castro Ruz, et le scénario principal de la guerre dans la zone jusqu'à la libération définitive de la ville par l'Armée Rebelle, le 27 décembre 1958.

La combinaison de ses charmes fait de Baracoa l'un des endroits les plus attractifs du pays. Visiter Guantánamo et ne pas se rendre dans la Première Ville de Cuba est pratiquement devenu un fait impossible, pour les beautés naturelles de la vieille ville, un véritable enchantement pour tous les visiteurs, qu'ils soient nationaux ou étrangers, et l'hospitalité, l'humilité et le sens d’appartenance de ses habitants.