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Bárbara Dane : la chanson est toujours de protestation
Par La Ventana Traduit par Alain de Cullant
Sur le point de fêter le 50e anniversaire de la Première rencontre de la Chanson Protestataire, la Casa de la Américas prépare une série d’événements en hommage à cette date historique. La chanteuse étasunienne Bárbara Dane a commencé ces festivités le 28 décembre avec un concert dans la salle Che Guevara.
Illustration par : Arnays Camaraza

C’était 1967 et Bárbara Dane a écrit à Marcia Leiseca sur les jours de la Chanson Protestataire : « C’était un événement très important à bien des égards, dont certains ne seront pas évident jusqu'à ce que passe un certain temps. Maintenant nous devons commencer le véritable travail de former des vrais mouvements qui correspondent à notre enthousiasme ».

 

C’est 2016 et les mouvements ont pu se concrétiser ou pas de la façon dont rêvait l’artiste, mais l’enthousiasme s’est multiplié, sans aucun doute. Bárbara Dane revient à la Casa de las Américas quand nous sommes sur le point de célébrer le 50e anniversaire de ces journées historiques qui l’ont fait coïncider, ici, avec Isabel et Ángel Parra, Mercedes Sosa, Daniel Vieglietti, Pete Seeger, Óscar Chávez, Martha Jean Claude, Carlos Puebla et beaucoup d’autres lors de la première tentative dont on se souvient en Amérique Latine afin de faire ressortir la chanson engagée avec les luttes des peuples. Les bannières du jazz, d blues et de la chanson folklorique se sont levées pour exiger le changement que mérite la société.

 

Comme leurs relations avec Cuba sont également personnelles, Bárbara est revenue à maintes reprises à la Casa. Deux fois à la fin des années 1990, également pour offrir ses concerts, mais aujourd’hui sa visite acquiert une tonalité plus sublime. Il s’agit non seulement des cinq décennies qui ont apporté jusqu’à ce jour l’esprit de ces premières années, il s’agit, plus que tout, que Barbara est près de 90 ans et elle continue encore à faire de la chanson sa propre protestation.

 

Les archives de la Casa de las Américas thésaurisent la correspondance que la jeune Bárbara Dane a maintenu avec cette institution, qui savait qu’elle pouvait aider à concrétiser l’esprit d’une société meilleure avec sa musique. L’activiste naissante qui se formaient alors, énumérait des idées et des projets à la lumière de ses propres efforts et rêvait, après la Rencontre de la Chanson Protestataire, à étendre beaucoup plus ses capacités, apporter cet élan impétueux vers d’autres régions et le convertir en un moyen pour renforcer la prise de conscience politique. Elle rêvait aussi avec sa maison discographique Paredon Records, qu’elle a fondé en 1970 et qui a défendu sa façon de penser avec plus de 50 albums de musique.

 

C’était une étasunienne amie de Cuba, de son processus révolutionnaire, mais rien de plus et rien de moins que depuis les années de la Guerre Froide. Les années où, même avec plus d’intensité que jamais, la proximité avec Cuba pourrait être un facteur limitant pour n’importe quel artiste aux États-Unis, beaucoup plus si ce même artiste défendait le respect envers les minorités sociales, était contre les conflits raciaux, défendait les droits des femmes et s’opposait aux intentions impériales. Mais à cette époque Barbara jouissait déjà d’un certain prestige. Elle était passée par les principaux milieux du jazz et de la chanson folk en Californie et, deux ans avant d’ouvrir un local pour sa musique, Luis Armstrong avait reconnu son talent de façon publique. Toutefois, sa carrière artistique ne pouvait pas être loin de l’activisme politique qu’elle a manifesté très tôt et qui, entre de nombreuses autres choses, l’a poussé à prendre position contre la guerre au Viêt-Nam.

 

Actuellement Bárbara fait la promotion de son dernier album. Throw It Away a vu le jour après 14 ans d’absence dans les studios d’enregistrement et maintenant avec une nouvelle impulsion, mélangé avec l’histoire et l’expérience complice que Bárbara maintient avec la Casa.

 

Première étape vers le 50e anniversaire de la Chanson Protestataire

 

Sur le point de fêter le 50e anniversaire de la Première rencontre de la Chanson Protestataire, la Casa de la Américas prépare une série d’événements en hommage à cette date historique. La chanteuse étasunienne Bárbara Dane a commencé ces festivités le 28 décembre avec un concert dans la salle Che Guevara.

 

Barbara Dane a été la protagoniste de cette première rencontre en 1967 et maintenant, à presque 90 ans, elle revient à la Casa pour montrer le meilleur de son grand répertoire artistique. Pour l’occasion elle a été accompagnée par la pianiste étasunienne Tammy Hall, avec qui elle a enregistre son dernier album, Throw It Away, après 14 ans loin des studios d’enregistrement. Avec elle et devant l’Arbre de la Vie qui rayonne sa majesté populaire dans la Casa de las Américas, son fils Pablo Menéndez, parfois à l’harmonica, d’autres avec la guitare électrique, accompagne maman. Il y avait également son petit-fils Osamu Menéndez, à la guitare ; le bassiste Ruth Davies, qui a enregistré la base de Throw it away ; son collègue José Hermida ; le violoniste Christopher Simpson et l’expérimenté batteur Ruy López Nussa.

 

Née à Detroit, Michigan (USA), Barbara Dane a travaillé avec de nombreux grands du jazz et du blues dans les années 1950 et 1960, dont Jack Teagarden, Earl Hines, Lightnin Hopkins, the Chambers Brothers, Memphis Slim et Willie Dixon. Elle a chanté avec Louis Armstrong à la télévision nationale dans le spécial « Timex Jazz Show » en 1959 et elle a reçu une reconnaissance spéciale de la revue Playboy comme l’un des plus importants musiciens de jazz de la même année. La revue Time a décrit sa voix comme « pure, riche et aussi rare qu’un diamant de 20 carats » et l’important critique de jazz Leonard Feather l’a appelé « Bessie Smith en stéréo ». Parmi ses plus de 10 albums dans le monde du Jazz et de Blues il y a des titres tels que On My Way, Livin’with the Blues ou Trouble in Mind.

 

Refusant d’être cataloguée dans un seul genre, elle a également chanté le folk et la chanson protestataire, suivant le chemin que lui a enseigné son grand ami Pete Seeger, avec qui elle a fait son premier concert alors qu’elle était encore une adolescente. Au cours des années 1960 et 1970 elle s’est dédiée pleinement à la lutte pour les droits civiques et contre la guerre au Viêt-Nam, chantant dans d’innombrables manifestations dans tous les États-Unis. Elle a aussi parcouru le monde comme « la voix de l’autre Amérique », apportant un message de justice sociale et d’amitié entre les peuples par le biais de sa musique. Elle a visité Cuba pour la première fois en 1966, étant la première artiste étasunienne qui s’est présentée ici après le triomphe de la Révolution, défiant le blocus.

 

En plus de faire partie de la Rencontre de la Chanson Protestataire en 1967, un an plus tard elle a assisté au Congrès de la Culture et en rentrant dans son pays elle a fondé la maison discographique Paredón, arrivant à produire plus de 50 albums de musique protestataire dans le monde entier.