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Alicia Alonso: Deux chansons pour rendre hommage à une « Femme Merveilleuse »
Par Thalía Fuentes Puebla Traduit par Alain de Cullant
L’Institut Latin de la Musique et l’Entreprise des Enregistrements et des Éditions Musicales produisent conjointement un album de douze chansons dédié à la danseuse légendaire.
Illustration par : Robin Sánchez Pau

Un deux trois... un saut, un mouvement. Alicia Alonso s’envolait au rythme de chaque chanson : elle fermait les yeux et se lassait emporter. Cette année, la Prima Ballerina Assoluta aurait fêté son 100e anniversaire, et quel meilleur hommage que celui depuis la musique.

Dans cet effort, l’Institut Latin de la Musique (ILM) et l’Entreprise des Enregistrements et des Éditions Musicales (Egrem) se sont unis dans cet effort, éditant conjointement un album dédié à la danseuse légendaire. 

Jusqu’à présent, deux thèmes sont sortis : Era et Maravillosa Mujer (Femme Merveilleuse), les deux de Daniel Martín Subiaut, musicien et président de l’ILM. 

Écouter Era est directement proportionnel à fermer les yeux et à imaginer l’artiste danser ; c’est la sentir vivante, marquant chaque pas au son de la mélodie ; imaginer la délicatesse dans les mouvements ; voyager main dans la main. Maravillosa mujer, pour sa part, montre une Alicia humaine, une femme qui rêve et vit. Ce sont deux cadeaux qui arrivent quelques mois après ses adieux. 

Dès le début, un disque pour Alicia

L’idée de l’album du Centenaire d’Alicia Alonso découle d’une invitation expresse du mari de la Prima Ballerina, Pedro Simón, dans le Musée National de la Danse, a déclaré à Cubadebate, Daniel Martín Subiaut, président de l’Institut Latin de la Musique (ILM) et auteur des deux chansons.

Par la suite, la coordination a été faite entre l’Egrem et l’ILM qui avait récemment décerné l’Étoile du Siècle à la danseuse cubaine.

« L’idée était de faire une nouvelle collection de chansons comprenant certains des meilleures qui avaient inspirés Alicia Alonso et peut-être des nouvelles, comme certaines que nous avons apporté du Mexique. »

Dans la liste se trouve Era, une chanson composée par Martín Subiaut, arrangée, co-produite et interprétée par le maestro Frank Fernández avec Jorge Saade, l’un des meilleurs violonistes dans le monde aujourd’hui.

« À mon avis la collection était assez complète, mais Pedro Simón m’a demandé de composer et de chanter une chanson. J’ai accepté, comment puis-je dire non ? J’ai eu la joie de rencontrer personnellement Alicia, de toucher sa main, de sentir son énergie et j’ai décidé de faire une chanson très personnelle, une chanson comme a germé Maravillosa mujer », a déclaré le musicien.

Le maestro Edesio Alejandro et son fils Cristian Alejandro ont participé à la production de ce dernier thème. « Le résultat est un grand hommage, personnel. Mais, curieusement, quelque chose que je pensais être si personnel a atteint beaucoup de gens quand ils ont entendu la chanson ».

Dès le début, l’idée a conçu un album avec 12 chansons. « Il y avait un album de 2015 d’une vingtaine de titres, mais qui vraiment, pour une question de mixage et de vouloir regrouper le plus de chansons, on pouvait voir qu’elles n’avaient pas les mêmes couleurs. Quand on écoute le disque, on a l’impression de mettre beaucoup de chansons, mais ce n’est pas comme une seule pièce et je pense que cela a été réalisé sur ce nouvel album ». 

Pour ce faire, ils ont eu l’aide du spécialiste Jhoan Báez, qui a réussi à obtenir que quelque chose qui a été enregistré dans les années 70 ou 2019 avaient la même couleur. « C’est ce qui rend une telle collection difficile. »

Pour l’Egrem, Hjandy Cantero a participé à la sélection des chansons, faisant également la production exécutive de l’album.

Alicia : Maravillosa Mujer

Selon Daniel Martín Subiaut, avant de composer cette chanson, il avait étudié pendant six mois la carrière d’Alicia Alonso, pour un chapitre de la série de Tito Reacciona, produite par l’ILM.

« Ce qui m’a le plus marqué quand j’étais à ses côtés, quand j’ai touché sa main, j’ai senti son essence. Je la sentais plus comme une enfant : quelque chose de très différent de ce que j’avais reçu en étudiant l’étoile, la danseuse. J’ai senti une énergie que je voulais projeter dans la chanson ».

Maravillosa mujer est l’une de ces chansons qui sont écrites d’un coup, en dix minutes. « Je savais déjà très bien à quoi ça allait ressembler, plus qu’une inspiration c’est une révélation ; chaque mot souffle dans l’oreille ».

Comme les dernières années où Alicia dansait souvent, dans les années 70 et 80, le compositeur voulait que la chanson ait un son vintage, qu’elle ne cherche pas des couleurs modernes.

« C'est une chanson d’adieu, une Alicia très personnelle, que j’ai appris à connaître. En écoutant la chanson, les gens verront une Alicia plus féminine, plus humaine. J’ai été très inspiré par son histoire d’amour avec Pedro Simon, non seulement comme la danseuse, mais aussi la femme qui avait une maison où aller, cette femme qui aimait les chiens, les bons amis et les bonnes conversations ». 

La collection de douze chansons doit être présentée à la fin de l’année.